Il n’y a pas grand-chose qui semble arrêter l’ascension de Laura Pineau. Grimpeuse, aventurière, briseuse de records, Mademoiselle Fissure rejoint la team RGENtec. Rencontre avec une athlète hors norme, qui, avec son authenticité et ses engagements, fait souffler un vent de fraicheur sur les falaises les plus abruptes.

crédit photo Thibaut Marot
Laura Pineau et RGENtec : une histoire de valeurs en commun
« Je suis très alignée avec le fait que je ne veux grimper et travailler qu’avec des personnes et des marques saines et inspirantes. » affirme Laura Pineau, grimpeuse aussi connue sous le nom de Mademoiselle Fissure.
En effet, les voies de Laura et de RGENtec étaient faites pour se croiser. D’un côté, une infatigable aventurière et dompteuse de peurs, bien partie pour révolutionner le petit monde du sport extrême au féminin. De l’autre, une marque qui s’engage pour que l’activité physique soit avant tout un moment de plaisir et de dépassement de soi, accessible à tous. Et entre les deux, quelques tubes de crème régénérante.
« Il y a quelques mois, j'ai enchaîné les 100 plus belles voies de Provence. J’ai grimpé entre 500 et 1000 mètres par jour pendant 43 jours. C’était l’occasion idéale pour tester les produits dans des conditions particulièrement intenses, et voir si c’était fait pour moi. Et la verte, la Bye Bye Burn m’a vraiment beaucoup aidé à prendre soin de mes mains. Rejoindre la team RGENtec m’a donc paru aller de soi. »
Travailler avec Laura Pineau implique de partager ses valeurs, et il est difficile de passer à côté, tant elle les porte près de son cœur. Pour la jeune femme, rien ne semble compter plus que l’authenticité, la passion, la simplicité, mais aussi l’acceptation de soi.
« J’ai toujours été passionnée par le sport. J’ai fait sept ans de tennis en compétition, puis deux ans de boxe avant de découvrir l’escalade à 17 ans. J’ai énormément d’énergie, et le sport me permet de la canaliser. Après deux heures d’activité, on se sent plus léger. L’escalade m’a beaucoup aidée à me recentrer, elle est essentielle à mon bien-être. Grimper en extérieur, ça implique d’être focus sur soi, sur la paroi et le moment présent. Et puis l’escalade est une pratique très sociale. C’est une grande communauté. Comme toutes les communautés, elle n’est pas parfaite, mais elle est très bienveillante et accueillante. C’est précieux, surtout lorsque nos vies d’adultes ne nous permettent plus de créer du lien comme quand on était enfants ! Quand tu grimpes, où que tu ailles, tu es toujours entouré. »
Le plaisir pour trouver du sens à sa pratique
Pour Laura, l’escalade joue sur deux tableaux. Elle l’envisage comme une pratique méditative. En même temps, elle la bouscule et la pousse à se réinventer continuellement pour un maximum de joie dans ce qu'elle fait.
« Je suis quelqu’un qui aime les défis, et ça ne va pas sans un peu d’inconfort. Mais quand je me fixe un challenge, je cherche toujours à les relever en y mettant de la légèreté. Lorsque j’aborde une voie difficile, j’ai surtout envie de vivre un moment avec des gens que j’apprécie et qui m’inspirent. Je suis convaincue qu’il faut trouver du fun dans tout ce qu’on fait, même s’il y a des journées plus faciles que d’autres. Si on reste centré sur la performance pure, on se contente de passer d’un projet à un autre, encore plus dur. Ça n’a plus de sens. Mon objectif n’est pas d’enchaîner les cotations de plus en plus difficiles. Ce que je veux, c’est construire mon propre chemin, dans une discipline qui est installée depuis un moment. »
Et le chemin de Laura Pineau est déjà spectaculaire. En 2025, avec Kate Kelleghan, elles escaladent 2200 mètres de paroi sur trois sommets mythiques du Yosemite aux États-Unis. Un exploit vertigineux qui est devenu un film qu’elle a elle-même produit, The Queen Swing.
Et au cours de l’été 2026, elle a conduit une équipe de grimpeuses dans la première ascension 100 % féminine d’un Big Wall au Brésil. Une aventure qu’elle portera à l’écran en 2027.
Ouvrir la porte aux femmes dans l’escalade et les sports extrêmes
C’est que Laura Pineau cherche à mettre sa passion pour l’escalade et sa joie de vivre au service de quelque chose. C’est d’ailleurs comme ça qu’elle se définit sur sa biographie Instagram : elle veut ouvrir des portes pour les femmes, partout dans le monde.
« L’escalade en salle se démocratise, j’ai l’impression qu’aujourd’hui, on y trouve presque autant de femmes que d’hommes. En revanche, en extérieur, il y a une grande majorité d’hommes. Et quand il est question de big wall (une falaise dont l’ascension peut prendre plusieurs jours), nous sommes encore moins nombreuses. »
D’après la grimpeuse, si les femmes sont aussi peu nombreuses à se frotter aux sports extrêmes, c’est notamment par manque de représentativité. « La plupart des films d’escalade sont des films d’hommes. En 2020, j’ai vu le film Pretty Strong, de Julie Ellison, Leslie Hittmeier et Colette McInerney et ça m’a tellement bouleversée que j’ai fini en larmes. Ça a été une révélation pour moi. Je me suis dit que c’était ça que je désirais faire : être en haut avec elles. Avec Queen Swing, j’ai voulu mettre en lumière pourquoi c’est aussi spécial de grimper avec une autre femme. Ce projet n’est pas spécialement militant : je cherchais avant tout à raconter la sororité qui nous a unies, Kate et moi. Je n’ai pas de grosses revendications : j’aimerais juste que ce que je fais encourage d’autres femmes à se lancer dans leurs projets, même s’ils ont l’air fous. »
Laura Pineau ajoute : « si en tant que femmes, on avait plus confiance en nous, on serait tellement puissantes ! Mais il y a encore beaucoup à faire. Et c’est pour ça que je me forme pour pouvoir encadrer la pratique en extérieur et emmener un maximum de personnes avec moi. J’ai très envie d’accompagner des adolescentes. Nombre d’entre elles arrêtent le sport avant l’âge adulte, et pour moi c’est un vrai problème. »

Crédit photo Pedro Paulo
Dompter sa peur pour redéfinir la performance.
Gageons que lorsqu’elle pourra officiellement revêtir sa casquette d’instructrice, elle aidera les futurs élèves à dompter leurs peurs pour se dépasser.
« Je leur dirais que, malgré mon expérience, je suis la première à avoir peur en falaise. Tout l’enjeu, c’est de trouver une zone dans laquelle on se sent bien, et dans laquelle on peut accepter que tout ne soit pas toujours parfait. J’ai moi-même beaucoup travaillé là-dessus. Avant, je voulais être positive et optimiste tout le temps. Aujourd’hui, j’accepte mes émotions et mes ressentis. Ça me permet d’être en paix avec mes limites et d’être toujours plus authentique. Je ne suis pas parfaite, personne ne l’est. Moi aussi, j’ai peur. Mais la peur n’empêche pas de faire de belles choses. »
Jouer avec la peur, c’est peut-être ce qui inspire Laura Pineau. « Pour moi, la peur et la performance sont liées. Si mes objectifs ne faisaient pas peur, c’est qu’ils seraient trop faciles à atteindre. La peur est la boussole qui m’aide à choisir les prochains défis que je souhaite relever. J’aime varier, et passer d’un big wall à une fissure très difficile, puis à une grande voie en escalade sportive. Peu importe si le projet va attirer les médias ou les sponsors. Ce que je veux, c’est suivre mon cœur, prendre un maximum de plaisir et travailler avec des gens qui m’inspirent. »