img
Catégories : RGENtec Stories

Augustin Kerhardy, la performance en route vers les sommets

À tout juste 23 ans, Augustin Kerhardy est un espoir du trail, qui étonne par son talent, sa rigueur et sa générosité. Portrait d’un athlète à suivre…

Augustin Kerhardy - crédit Alanis Duc

Crédit Photo Alanis Duc

Comment faire du trail de haut niveau ? Le virage d’Augustin Kerhardy

Est-ce qu’en s’inscrivant à la course de son village il y a quelques années, Augustin se doutait qu’il mettait le pied dans un univers qui allait changer sa vie ? Probablement pas. Mais toujours est-il qu’à 23 ans, il vient de prendre un virage déterminant : celui du trail de haut niveau.

À l’entendre, tout a commencé presque par hasard, après une enfance où il a touché un peu à tous les sports. « J’ai fait cette course, et j’ai adoré l’ambiance. En plus, j'ai réalisé que je n’étais pas mauvais, j’ai fini 4e! » s’amuse-t-il. Alors il se lance, entre les sentiers picards et la campagne angevine, où il fait un BTS agricole.

« Je me suis vite rendu compte que les métiers de l'agriculture, ce n’était pas pour moi. Il fallait que je change de voie. J’ai trouvé un job dans une boutique de running à Paris. J’ai rencontré beaucoup d’autres coureurs, je faisais plein de courses et j’ai commencé à en gagner et à faire de belles performances. À partir de là ça n’a fait que monter en flèche. » Mais le vrai déclencheur, c’est quand il fait la course nocturne qui relie Saint-Étienne à Lyon en relais. « On l’a fait en relais avec un copain, et on l’a remportée. C’était en 2022, j’avais des étoiles dans les yeux d’être sur la même ligne de départ que tous ces athlètes que j’admire tant. Ça m’a vraiment boosté ! »

Il se spécialise sur les 50/60 km. Le niveau monte, les succès s’enchaînent sur des courses toujours plus exigeantes et les opportunités se multiplient. Augustin signe ses premiers contrats avec des sponsors. Et alors que sa pratique se professionnalise, il fait le choix de s’entourer.

Vision et méthode : les secrets de la performance

Augustin est passionné. Quand il parle de son parcours et de ses victoires, son regard pétille. Mais il est malgré tout conscient que le trail, c’est une question de technique, de discipline et d’entraînement. Il tient à faire les choses le mieux possible, alors il se donne les moyens, avec beaucoup de rigueur et de détermination.

Il confie « j’ai commencé seul, parce que, grâce à mon passé sportif, j’avais déjà les bases athlétiques. Mais si on envisage aller plus loin dans la performance, il ne faut pas faire n’importe quoi. Au début, j’ai commis des erreurs, j’ai voulu trop en faire, mais j’ai rapidement fait le choix de travailler avec des coachs, qui m’ont posé un cadre. Structurer ses périodes de bloc spécifiques, ses périodes de récupération ou même planifier sa saison, ça ne s’invente pas. L’an dernier, j’ai fait ma meilleure saison. Je pense qu’il n’y a pas de secret, mes résultats, je les dois au travail que j’ai fait avec mon entraîneur, Adrien Séguret , qui est également sélectionneur de l’équipe de France de Trail ».

Il se projette sur 2027 « J’essaie d’aller sur des courses assez relevées, mais aussi des formats qui correspondent à mon expérience, plus roulants et avec moins de dénivelé. L’idée c’est de basculer vers des formats de plus en plus montagnards. Je ne me fixe pas spécialement d’objectif, sauf pour obtenir des qualifications pour certaines compétitions. Je ne cherche pas forcément de place ou de chrono. On est tous sur la ligne de départ pour la même chose. J’ai conscience que je ne gagnerais pas un championnat de France cette année. La densité est folle sur les courses, mais si j’arrive à me classer dans le top 20 de celle qui relie Orsières à Chamonix fin août, je serais parmi les meilleurs Français, et ce serait le rêve. »

Crédit Alanis Duc - 2025 Marathon Mont Blanc

Crédit Photo Alanis Duc

S’entourer pour récupérer

Augustin vient de poser ses valises à Annecy, pour être plus près des Alpes et progresser en D+. Même s’il ne cache pas son enthousiasme, il tient à continuer à travailler avec méthode et rigueur. « Il faut que je sois prudent. J’arrive à la montagne, et je me dis que c’est trop bien, je vais faire plein de dénivelé. Mais mon corps n’a pas l’habitude, j’essaie de ne pas me prendre pour un montagnard. Quand je vois les coureurs qui me battent, je dois garder en tête qu’ils font ça depuis 5 ou 10 ans. Je n’ai pas leur expérience ! »

Progresser en trail, demande du temps et énormément de patience. « Cet été j’ai peut-être voulu aller trop vite. J’ai fait beaucoup de montagne. J’ai déménagé. J’ai commencé un nouveau boulot. C’est compliqué de tout concilier et je me suis blessé : j’ai fait un œdème osseux. J’ai réussi à stopper juste avant la fracture de fatigue. J’ai dû m’arrêter complètement pendant un mois pour me remettre. Là, je reprends progressivement, mais quand on a l’habitude de courir 20 h par semaine, c’est étrange de courir 5 fois une minute ! »

Même avec la rigueur d’Augustin, une blessure est vite arrivée. C’est pour ça qu’il aime se recentrer sur ce qui est important pour lui.

« En trail, tu passes de longues heures dehors à t’entraîner et parfois tu n’en as pas envie. C’est un sport rude, où il faut accepter d’être souvent être seul. Mais dans ma démarche, je ne suis pas isolé. J’ai un manager, j’ai mon entraîneur sur les courses, j’ai toute mon équipe d’assistance. Ma femme est aussi très investie dans le projet, parce que c’est quand même prenant pour une vie de famille. Quand je vis une course avec elle et tous mes potes, j’ai l’impression de vivre quelque chose de collectif. »

Savoir s’entourer, c’est clé pour Augustin. Jusque dans le choix de ses sponsors : « c’est important pour moi que les choses soient fluides et spontanées ! Je suis content de travailler avec des marques qui sont attentives à nos besoins.  »

La récupération tient une place déterminante dans la vie d’Augustin. Il est très attaché à son hygiène de vie : il est attentif à son sommeil , contrôle les excès, suit les conseils de son entraîneur à la lettre. Mais l'essentiel pour lui, c’est de pouvoir se reconnecter à ses proches. « Une bonne partie de mon quotidien tourne autour du trail, c’est important pour moi de trouver un équilibre. Être autocentré, ça ne résiste pas plus de deux ans. J’admire les athlètes qui tiennent dans la durée. Ma femme me soutient beaucoup, mais elle ne court pas et, finalement, c’est une excellente chose. Le trail fait partie de notre vie, mais il n’y a pas que ça. »

Partager ce contenu

Articles en relation