img
Catégories : RGENtec Stories

La résilience d’Antoine Thiriat

Antoine Thiriat RGENtec

De l’eau à la montagne, l’ascension d’Antoine Thiriat.

Antoine Thiriat est tombé dans la marmite du sport quand il était tout petit. D’abord pour suivre ses frères, en faisant du foot et du judo, avant de découvrir la planche à voile. Pendant dix ans, il sillonne le lac de Gérardmer, où il vit avec ses parents. Mais alors qu’il démarre ses études de droit, il prend ses distances avec une discipline dont l’évolution ne correspond plus à ses envies. C’est là que cet amoureux des grands espaces se mettra au trail.

« C’est venu très naturellement, raconte le jeune homme. Je randonnais souvent avec ma famille quand j'étais petit. J’ai toujours fait un peu de footing. Et, un jour, j’ai enfilé mes baskets pour une première sortie, puis une seconde et une troisième. Chaque fois j’allais légèrement plus loin, je retrouvais la liberté que j’aimais tant dans ma pratique de la planche à voile. Je pouvais aller où je voulais, faire ma propre trace. C’était d’autant plus grisant qu’en planche à voile, j’avais atteint un plateau. En trail, j’ai rapidement performé et ça m’a encouragé à continuer. »

Vu de loin, on pourrait croire qu’Antoine Thiriat y est allé tranquillement, presque en dilettante. Il dit lui-même être un peu autodidacte. Mais à y regarder de plus près, la détermination de l’athlète ne fait aucun doute.

« C’est vrai qu’en général, on commence le trail avec des formats comme le 20 km. Moi, j’ai voulu faire de l’ultra directement, raconte-t-il. Pour mes premières courses au-delà de 42 km, je n’ai pas eu l’impression d’être dans le dur. Je m’étais préparé pour ça, même si c’était un peu brouillon. J’ai tout de suite tellement adoré les longues distances que ça a été comme si rien d’autre n’existait. »

S’il aime le trail, le trail le lui rend bien : Antoine Thiriat enchaine les succès et les résultats. Il est repéré par de grandes marques et professionnalise sa pratique.

Courir pour réparer la montagne

Quand Antoine Thiriat enfile ses baskets, c’est pour courir après sa soif de liberté, l’envie de se dépasser, mettre ses pas dans ceux de légendes comme Kilian Jordet et François Dhaene, mais aussi pour faire passer un message.

C’est que non content d’être un espoir de l’Ultra-Trail à suivre de près, le jeune homme est aussi doctorant… en droit environnemental. Il imagine des pistes de réflexion sur les modalités de la réparation en nature des atteintes causées à l’environnement. « Depuis 2016, suite au naufrage de l’Erika et à toute une jurisprudence riche en la matière sur les préjudices écologiques, la loi a évolué. Les responsables des catastrophes environnementales doivent désormais réparer les dégâts occasionnés en nature, au lieu des dommages et intérêts classiques. Ça peut être des opérations de dépollution, des campagnes de sensibilisation ou des actions de réintroduction d’espèces dans leurs habitats, ainsi que la reconstruction de ce dernier. Avec ma thèse, je cherche à comprendre comment ce dispositif juridique peut servir les écosystèmes. Je veux construire un axe de recherche sur le milieu de la haute montagne. Ce que je trouve passionnant, c’est que je dois travailler avec des écologues, pour appréhender et quantifier les dommages causés sur la nature. »

Antoine Thiriat nous invite collectivement à réfléchir au lien qui unit les trailers à leur environnement. « En tant que coureur, je vois que les choses bougent. Sur certaines courses, par exemple, il faut courir avec des lumières rouges entre certains points pour limiter la pollution lumineuse. C’est déjà bien, mais si on est sincères, ce n’est pas suffisant. Il faut aller au-delà, et repenser le modèle de plus en plus mercantile de ces grands événements et réduire le nombre de dossards. »

antoine Thiriat

La team RGENtec pour aller encore plus loin

Antoine Thiriat est conscient que son engagement pour l’environnement et sa carrière de trailer peuvent parfois entrer en conflit. « C’est difficile de se revendiquer 100 % écolo. J’ai souvent l’impression d’être pris au piège, entre ce que j’affirme et ma pratique. » Pour reprendre du pouvoir d’agir, il choisit avec soin celles et ceux avec qui il travaille.

« Lorsque j’ai découvert RGENtec, j’ai d’abord été touché par le fait que les produits étaient conçus et fabriqués en France. Puis j’ai rencontré une équipe vraiment dynamique qui s’intéresse réellement aux athlètes. On se sent pris en charge et écouté. Quand on est pro ou semi-pro, on a besoin à la fois d’un appui matériel et financier, mais aussi d’un soutien émotionnel. C’est comme ça que l’on construit quelque chose de fort. Une vraie équipe, qui partage la même vision de la performance et les mêmes valeurs. »

Construire un autre rapport à la récupération

Le soutien d’une équipe, c’est motivant quand tout va bien. Mais ça devient indispensable en cas de coup dur.

Il y a quelques mois, Antoine Thiriat s’est blessé : une mauvaise chute, et il s’est fracturé le talus. Malheureusement pour lui, cet os du pied, quand il est cassé, met très longtemps à guérir. Depuis son accident, il enchaine béquilles, rééducation et divers traitements pour se remettre.

Mais le jeune homme est philosophe. « Même si, avec une blessure comme celle-là, c’est toujours un peu les montagnes russes, je vois que je vais de mieux en mieux. Ce que j’espère le plus au monde, c’est de pouvoir courir à nouveau sans douleur un jour. Pour l’instant, les médecins me disent d’être patient, et de me concentrer sur ma guérison. Mais ça fait dix mois que je suis patient, ça commence à faire long ! »

Pour tenir, il se raccroche notamment à l’histoire de Margot Chevrier. En 2024, juste avant les JO de Paris, et alors qu’elle participait aux mondiaux d’athlétisme, la jeune perchiste se réceptionne mal, et se brise elle aussi le talus. Sa carrière aurait pu s’arrêter là, mais à force de persévérance, elle revient petit à petit sur le devant de la scène.

« Son histoire est une vraie source d’inspiration pour moi. Ses médecins lui ont dit ce que j’entends tous les jours, et de la voir aux championnats d’Europe aujourd’hui, ça me donne beaucoup d’espoir. »

Alors, Antoine Thiriat continue de ne rien lâcher, et à réinventer sa pratique du sport. Il s’est mis à la natation et au vélo. Il travaille son renforcement musculaire. Et surtout, il a complètement repensé sa relation à la récupération.

« Avant, comme nombre de jeunes sportifs, j’avais un rapport insouciant à la récupération. Je ne voyais pas vraiment l’intérêt. Mais depuis mon accident, mon quotidien, c’est glacer mon pied et le crémer (avec le roll on Shock and Roll), de faire de la kiné, de l’ostéo et du renfo. J’ai créé une nouvelle routine, et c’est loin d’être déplaisant. J’ai compris à quel point il est important de prendre soin de soi. Avant, j’aurais considéré ça comme du temps perdu, mais maintenant, ça fait partie intégrante de mon entrainement. »

Prenons le pari avec lui que sa passion, sa persévérance, sa joie de vivre et son talent lui permettront de mettre la douleur KO et de participer, comme il en rêve, à des trails mythiques pour 2027.

Partager ce contenu

Articles en relation