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Alice Michel et Ma Petite Entreprise : la performance se conjugue au féminin

Alice Michel est kiné du sport, et coordinatrice médicale pour l’équipe cycliste féminine Ma Petite Entreprise. Une double casquette qui lui permet de poser un regard enthousiaste sur le sport au féminin et sur le chemin qu’il reste à parcourir pour plus d’équité et une meilleure prise en compte de la physiologie des femmes dans la performance.

Alice Michel coordinatrice sportive pour Ma Petite Entreprise

Écrire l’Histoire du cyclisme féminin

Alice Michel est kiné du sport dans un cabinet spécialisé à Chambéry, Postural Training, quand Vincent Lavenu et Michael Amand, respectivement manager sportif et directeur général, lui proposent de rejoindre le projet de Ma Petite Entreprise.

« J’ai tout de suite adhéré au projet, raconte-t-elle. J’aime l’idée que ce soit une équipe qui porte les couleurs de petites entreprises, et pas uniquement d’un seul très gros sponsor. Le budget n’est pas le même, c’est vrai, mais nous sommes tous passionnés. D’autant plus que c’est une équipe de cyclistes 100 % féminine ! C’est complètement unique dans ce milieu. Ma petite entreprise participe à quelque chose d’important, qui témoigne d’un réel changement. »

Il faut dire que depuis 2022, le très masculin monde du cyclisme a opéré une révolution, en lançant une version féminine de l’une de ses plus iconiques compétitions. En 2025, 25,7 millions de Français ont suivi l’événement. Cette médiatisation fait partie d’une tendance globale. Depuis 2018, le volume horaire des retransmissions du sport féminin a bondi de 49 %.

En réalité, le projet Ma Petite Entreprise s’inscrit dans un cercle vertueux : plus de médiatisation, ce sont de meilleurs sponsors, et donc de meilleures conditions de travail pour les athlètes professionnelles. Une aventure dans laquelle RGENtec s’engage, puisque nous sommes fournisseurs officiels du projet.

« Nous salarions dix cyclistes. Elles peuvent se concentrer sur leur sport, mais nous faisons également en sorte qu’elles continuent à se former et qu’elles pensent à leur reconversion. Nous avons des coureuses qui sont encore étudiantes, et c’est important qu’elles imaginent aussi l’après. Quand nous faisons le choix de travailler avec une athlète, on envisage la personne dans sa globalité, pas uniquement sur ce qu’elle fait sur un vélo. Les rémunérations que nous proposons ne sont pas encore au niveau de celles des hommes, mais on avance. »

Bien-être, équilibre et performance : l’équation gagnante

À entendre Alice Michel, il semble évident que le projet de cette équipe cycliste pas comme les autres va un peu plus loin que la valorisation des femmes dans le sport de très haut niveau et de l’entrepreneuriat. Ma Petite Entreprise cherche aussi à conjuguer la performance avec le bien-être.

« Mon job, c’est de prendre soin de nos athlètes. Ce n’est pas toujours simple, parce qu’elles habitent aux quatre coins de la France. Mais pour nous, le respect de leur vie personnelle et de leur équilibre est essentiel, alors nous nous adaptons en permanence. On travaille à distance : on crée des liens avec les équipes médicales et sportives de chacune d’entre elles.On se retrouve malgré tout très régulièrement sur le terrain lors des courses et des stages. Et dès que nous en avons besoin, nous organisons des rendez-vous à Chambéry. »

Athlètes MPE et produits RGENtec

les athlètes de l'équipe MPE testent les produits RGENtec - photo Sophie Remise

La question de la récupération occupe une place centrale sans l’accompagnement des athlètes, même si Alice Michel relativise.

« Notre équipe est composée d’athlètes professionnelles. Même si c’est la première année pour certaines d’entre-elles, elles ont travaillé dur pour en arriver là. Elles savent à quel point c’est important de prendre soin de soi. Le cyclisme est une discipline particulièrement exigeante. Négliger sa récupération et son hygiène de vie, c’est risquer de sortir du game très vite. Tout doit être sans cesse optimisé. »

Malgré tout, elle fait régulièrement des piqûres de rappel. 

« La base, c’est de garder en tête les trois piliers qui sont le sommeil, l’alimentation, l’hydratation. Le quotidien des cyclistes est exigeant, elles adaptent leur vie personnelle à leur vie professionnelle, notamment au niveau de la qualité des repas et des heures de coucher. 

C’est pour ça que Ma Petite Entreprise est autant attentive à l’équilibre entre leur vie sportive et leur vie personnelle, et qu’on essaie au maximum de s’adapter à leur emploi du temps, même si c’est parfois un peu compliqué. Après les courses et les entrainements, on travaille sur la récupération physique, notamment avec des massages, des étirements et des routines de mobilité. On peut également utiliser des bottes de pressothérapie ou des pistolets d’automassage. »

Sport et santé au féminin : l’engagement d’Alice Michel

Alice Michel sait cependant que son job de coordinatrice médicale est spécial. C’est même en partie pour ça qu’elle était autant enthousiaste pour rejoindre le projet.

« Quand j’ai fait ma formation de kiné en 2017, puis de kiné du sport, que j’ai terminée en 2021, on ne parlait pas du tout des spécificités physiques et physiologiques du corps des femmes dans le sport. Ma Petite Entreprise permet de rendre ces problématiques plus visibles. »

En effet, les réflexions sur la performance, sur la récupération, et sur l’impact du sport, et à fortiori dans le haut niveau, ont été trop longtemps tournées vers le corps des hommes. Avec des conséquences sur les résultats des athlètes féminines, mais aussi sur leur santé.

« En cyclisme, on a longtemps cru que plus on était maigre, plus on performait. Mais cette idée reçue ne prenait absolument pas en compte la réalité de l’équilibre hormonal des athlètes. Les femmes vivent un ballet hormonal essentiel à leur santé : elles ovulent, elles ont leurs règles, leurs taux d’œstrogènes et de progestérone fluctuent dans le cycle. En faisant de la maigreur un vecteur de performance, on favorise la survenue du syndrome REDs. »

Les impacts du REDs sur la santé des athlètes

Le syndrome REDs pour Relative Energy Deficiency in Sport, affecte les athlètes, notamment féminines, dont les apports énergétiques sont insuffisants par rapport à leurs dépenses physiques. Le REDs entraine des perturbations hormonales et des troubles du cycle menstruel, pouvant aller jusqu’à l’aménorrhée, c’est-à-dire l’arrêt des règles. Quand celle-ci se prolonge, elle s’associe notamment à une diminution de la densité minérale osseuse et à une augmentation du risque de fractures de fatigue. 

« Le corps se met en mode économie d’énergie. Comme aime le dire une de mes meilleures amies, c’est un peu comme si tu conduisais une voiture et que, d’un coup, tu ne pouvais plus allumer les phares parce qu’il n’y a plus assez de batterie. 

Avoir ses règles, c’est important, et pas uniquement au moment où on a envie d’avoir des enfants, c’est un signe de bonne santé. Le piège, c’est qu’au début du REDs, il y a une période de lune de miel, où les athlètes surperforment et se sentent vraiment bien. Le problème est que ce REDs impacte beaucoup d’aspects en parallèle de la santé osseuse : la qualité du sommeil, l’immunité, mais également le système cardiovasculaire, le système neurocognitif, le système gastro-intestinal et d’autres. 

Quand je traite des femmes qui semblent souffrir d’un REDs et qu’elles viennent me voir pour des lésions musculaires, elles mettent plus longtemps à cicatriser. »

Alors, Alice Michel et son équipe font de la pédagogie pour changer les habitudes et aider les athlètes, tout en bienveillance.

« Pour soigner ce syndrome, il ne suffit pas d’une journée où on mange plus pour que le corps se rééquilibre. Ça demande du temps, parfois même plusieurs années. Ce sont des choses dont on parle encore trop peu. D’autant plus que les règles sont souvent vues comme un frein à la performance. Les sportives sont nombreuses à se dire que c’est quand même pratique de ne plus les avoir, quand elles sont douloureuses, mais également pour toute la logistique que cela engendre. Le suivi par Christelle Dromer, notre médecin du sport et leur gynécologue spécialisée, fait partie de leur accompagnement, afin qu’elles trouvent les solutions qui leur conviennent. »

Pour une meilleure prise en compte du périnée des athlètes

L’autre cheval de bataille d’Alice Michel, c’est le périnée.

« On n’accompagne pas encore assez les sportives dans la connaissance de leur plancher pelvien, pourtant essentiel. Pour idée, Carole Maître, qui est médecin du sport et gynécologue à l’INSEP, avait réalisé une étude en 2014, sur 404 sportives de haut niveau 72 % souffraient d’incontinence urinaire d’effort. Ces chiffres donnent vraiment envie de faire bouger les choses. J’ai moi-même fait beaucoup de sport, et à l’époque, à part “rentre bien ton nombril”, on n’entendait pas grand-chose sur le périnée. Je trouve ça dingue que la plupart des femmes ne découvrent le leur qu’après l’accouchement, alors que ce problème de fuites urinaires touche autant de monde.

C’est un axe que j’aimerai beaucoup développer cette saison avec les cyclistes de Ma Petite Entreprise. Le périnée joue un rôle essentiel dans la stabilité du tronc et des hanches. Il est clé quand les cyclistes grimpent et qu’elles pédalent en danseuse, lors des relances ou quand elles sprintent et qu’elles doivent amener un gros braquet. Plus globalement, il faut en parler aussi pour préparer l’après-cyclisme. Je connais trop de femmes qui ont passé leur vie sur un vélo, qui est donc un sport porté, qui se sont mises à courir et qui n’ont pas compris ce qui leur arrivait. »

Pour Alice Michel, on l’aura saisi, l’accompagnement des sportives va bien au-delà de la simple performance et du moment des courses. C’est une approche globale, qui prend en compte leur histoire, leur pratique aujourd’hui, la compétition, mais aussi leur équilibre et ce qui se passera après. Il s’inscrit dans un temps long, qui envisage la technique, les chronos et les dans un grand tout, qui fait la part belle au bien-être.

Les coureuses de Ma Petite Entreprise enchainent les succès, avec en point de mire, une course mythique du 1er au 9 aout. Et on sera là, les bras chargés de soins régénérants pour les encourager !

Pour suivre Alice Michel, rendez-vous sur son compte Instagram >> https://www.instagram.com/alice_physio/

Ainsi que le compte de postural training >>  https://www.instagram.com/postural.training/

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